La Commission des opérations de Bourse (COB) pique une grosse colère sémantique contre les bateleurs d'estrades financières que sont parfois les patrons. Dans un communiqué plutôt inattendu, le gendarme des marchés financiers se transforme en maître d'école pour «rappeler à l'ordre» treize grosses pointures du CAC 40, l'indice vedette de la Bourse de Paris.
Nuances. C'est que la COB, chargée statutairement de veiller à la bonne qualité de l'information donnée aux actionnaires, en a marre d'entendre et de lire à longueur de journée des «termes financiers inconnus de la comptabilité française», comme elle le dit. Et d'énumérer un certain nombre d'expressions plus ou moins «franglaises» posant d'autant plus problèmes qu'elles ne signifient pas exactement la même chose d'une entreprise à l'autre.
Ces temps-ci, la dernière mode du prêt-à-porter comptable consiste à user et à abuser d'un tissage complexe d'«Ebit» (acronyme anglais qui désigne ce bon vieux bénéfice d'exploitation) décliné dans tous les tons : il y a l'«Ebit stratégique», dont l'importance coule de source, et bien entendu l'«Ebitda», subtile variation de l'«Ebit», cette fois débarrassée des amortissements et des dépréciations.
Dans ce style, les patrons adorent également orner leur simple «capacité d'autofinancement» (un terme dont la compréhension ne pose a priori pas de difficultés) d'un franglais qui fait très chic : loin de se contenter de traduire «autofinancement» par cash flow, nos excellents directeurs financie




