Tiendra, tiendra pas ? La consommation des ménages, dernier moteur d'une croissance qui s'essouffle (1 % attendu cette année), cause bien des soucis aux pouvoirs publics : «Continuez à consommer !» lançait la semaine dernière aux Français Alain Lambert, le ministre du Budget. Presque une supplique, suivie d'un : «La consommation, c'est la meilleure garantie pour votre emploi», qui en dit long sur l'inquiétude de Bercy tandis que les plans sociaux se multiplient. Et que l'inflation reprend du poil de la bête : en février, elle atteignait + 2,6 % sur un an, un «record» qu'elle n'avait pas battu depuis dix ans, selon l'Insee. A lui seul, le poste «produits frais» a augmenté de 1,3 %, une grimpette jugée «importante». Sans parler des «vêtements et chaussures» (+4,9 %).
Appétit. Qu'en disent les hypers et les supermarchés, qui réa lisent 65 % de leurs ventes dans l'alimentaire, et les 35 % restants dans l'habillement et l'électronique de loisirs ? A en croire Daniel Bernard, patron de Carrefour, le numéro deux mondial des têtes de gondole, il n'y a pas de quoi s'inquiéter : «Temps troublés, principe de précaution, consommation en baisse, crise boursière... Chez Carrefour, nous avons foi dans la croissance depuis quarante ans et ça va continuer», déclarait-il en substance le 10 mars à l'occasion de l'anniversaire de son groupe.
Ces riches distributeurs n'en lorgnent pas moins vers les con som mateurs démunis qui risquent de déserter leur hyper habituel, devenu trop cher par temps de




