La FNSEA est-elle toujours la FNSEA ? Alors que le syndicat majoritaire chez les paysans entamait, hier, son cinquante-septième congrès annuel à Rodez (Aveyron), le document de travail soumis aujourd'hui au vote des militants donne une idée du virage à 180° qu'il est en train de prendre, bon gré mal gré. A lui seul, le titre de ce texte d'une trentaine de pages («La ruralité, une chance pour la France»), donne un ton complètement nouveau à la Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles. Loin de son fonds de commerce habituel, fait d'un productivisme assumé haut et fort et de revendications permanentes pour obtenir davantage de subventions. «C'est vrai que nous sommes en train de changer», avoue un proche de Jean-Michel Lemétayer, 51 ans, successeur depuis deux ans du très remuant Luc Guyau à la tête du syndicat paysan.
«Raisonnée». Une lecture attentive du document montre à quel point la FNSEA poursuit une transformation radicale de son discours. Virage amorcé depuis son congrès des Sables-d'Olonne en avril 2001, où elle a commencé à promouvoir une «agriculture raisonnée», plus écolo et moins subventionnée. A Rodez, il n'est plus désormais question, et longuement, que de «développer l'action culturelle dans les campagnes», de «développer les technologies de l'information», de «relancer le tourisme rural» et plus généralement de favoriser par tous les moyens «l'aménagement du territoire».
«Notre problème aujourd'hui, c'est d'inscrire la FNSEA dans un cadre qui ne




