Le décompte des manifestants, ce sera pour plus tard : la journée de mobilisation organisée, hier, par la Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles (FNSEA) dans toute la France pour protester contre l'amende de 12 millions d'euros infligée par Bruxelles pour entente sur le prix de la viande (Libération du 3 avril) est «un succès», juraient ses promoteurs. Quelques centaines de personnes à Paris devant la représentation de la Commission européenne, quelques poignées à Avignon, Rodez, Cahors, d'autres encore dans les Ardennes, en Champagne, dans le Nord et ailleurs.
Discorde. La mobilisation n'aura pourtant pas réuni, hier, les 80 000 personnes qu'espérait le syndicat majoritaire dans le monde agricole. Qui a encore une petite chance de faire le plein aujourd'hui pour sa deuxième journée d'action. Mais plus que des foules de paysans plus ou moins brutalement revendicatives, dont Jean-Michel Lemétayer, patron de la FNSEA, se méfie plus que son prédécesseur, Luc Guyau, le syndicat est aujourd'hui à la recherche de soutiens au-delà de ses propres murs.
Celui d'Hervé Gaymard, le ministre de l'Agriculture, est déjà acquis. Dès l'annonce de l'amende record subie par la FNSEA, il a exprimé sa «surprise». Et devrait aujourd'hui, à Luxembourg, saisir l'occasion d'un conseil des ministres européens de l'Agriculture et de la Pêche pour demander quelques explications à Franz Fischler, le commissaire européen à l'Agriculture. Nouveau sujet de discorde en perspective après la




