Buenos Aires, de notre correspondant.
Les Argentins qui ont confié leurs économies aux banques à l'époque où un peso valait encore un dollar en sont pour leur frais. Après seize mois de blocage total de leurs comptes, s'ils peuvent désormais disposer de leur argent, ils ne pourront pas récupérer l'intégralité de leur épargne. L'ouverture totale et définitive du corralon (gel des comptes en épargne) annoncé il y a peu par le gouvernement n'est qu'un leurre. Les 380 000 épargnants ont jusqu'au 23 avril pour recouvrer leurs économies en dollars mais vont récupérer à la fois des pesos et des bons du trésor en dollars payables en 2012. Ce qui ne leur convient pas du tout.
Depuis le 7 avril, les banques leur proposent de récupérer leurs dépôts en dollars gelés depuis la fin de la parité dollar-peso le 10 janvier 2002. Mais alors que le dollar actuel cote 2,97 pesos, le taux de change imposé par le gouvernement n'atteint que 2,008 pesos. La différence sera payée en bons du trésor en dollars en 2012. Cas concret : avec 1 000 dollars d'épargne bancaire, un Argentin récupère 2 008 pesos aujourd'hui en liquide, soit 674 dollars, le reste 326 dollars lui étant versé en bons du trésor à valoir en 2012. Rien n'interdit à un épargnant de liquider ses titres publics, mais il ne récupérera que 50 % de leur valeur soit ici 163 dollars. Au total, une perte de 163 dollars (152 euros), sans parler des intérêts qu'il aurait dû toucher pendant seize mois !
Au premier jour de cette offre, 10 % des




