Vienne de notre correspondant
Les temps sont durs, soyons sévères ! Telle est en substance le mot d'ordre que l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) vient de lancer en direction de ses onze membres. Ou plutôt de ses dix, puisque le onzième, l'Irak, n'était pas représenté. «A partir du 1er juin, nous allons baisser notre production de deux millions de barils par jour (mb/j), pour atteindre un niveau de 25,4 mb/j», a annoncé le Qatari Abdullah Al Attiyah, président en exercice de l'Organisation, à l'issue d'une réunion extraordinaire qui s'est tenue à Vienne hier après-midi.
Discipline. Confrontés à une baisse inquiétante des cours du brut qui ont perdu plus de six dollars en deux semaines , les ministres du cartel n'avaient guère le choix. Le marché est surapprovisionné, la guerre en Irak a été plus courte que prévue, et aucune augmentation de la demande n'est à envisager dans les prochains mois. Or, au début du conflit, afin de prévenir tout risque de flambée des prix, les membres de l'Opep s'étaient accordés un droit de production contraire à leurs principes fondamentaux : selon un accord tacite, chaque pays exportateur de l'organisation pouvait puiser dans ses réserves comme bon lui semblait. La guerre finie, il devient urgent de revenir à plus de discipline. Même si de telles réductions signifient pour chacun la douleur de voir diminuer ses revenus.
Hier, les représentants du cartel ont donc refusé de toucher un cheveu des quotas en vigueur depuis le mois




