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Libération

Un patron perd contre un raciste

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Publié le 12/05/2003 à 22h58

L'histoire aurait pu être exemplaire. Jean-Paul Faure, patron d'une petite entreprise d'emballages de poisson dans l'Hérault, n'a pas voulu cautionner le racisme d'un de ses salariés. En 2001, trois jeunes d'origine maghrébine, embauchés en CDD dans son entreprise, se plaignent d'un collègue qui, depuis leur arrivée, leur «mène une vie d'enfer». Ce jour-là, il les a traités de «sales Arabes». Dispute, arrêt des machines. Jean-Paul Faure, 55 ans, «né dans la rue», n'est pas vraiment surpris. Par le passé, il a envoyé plusieurs avertissements par lettre recommandée à ce salarié. «C'est un ancien, explique le chef d'entreprise. Il ne voulait pas leur expliquer le boulot. J'ai dit : le racisme, je ne connais pas.» Jean-Paul Faure demande aux trois jeunes de confirmer par écrit leurs récriminations, convoque le salarié avec la déléguée du personnel. Il lui propose un autre poste, dans un autre atelier. L'homme refuse. «J'aurais pu régler le problème autrement. Je mesure 1,85 m et je pèse 85 kg. J'aurais aussi pu laisser partir les jeunes. Ils seraient allés voir SOS Racisme et ils auraient eu raison. J'ai choisi le licenciement pour faute grave, parce que c'en est une, quand cela perturbe le fonctionnement de l'entreprise», explique le patron.

En novembre, le salarié licencié saisit les prud'hommes. A l'audience, Jean-Paul Faure joint les trois lettres rédigées par les salariés, explicites et concordantes. Mais les juges prud'homaux de Montpellier ne l'entendent pas ainsi. Ils ont

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