Berlin de notre correspondante
«Il ne fallait pas être grand clerc pour se rendre compte que son budget ne tenait pas la route, soupire ce patron. Quand les entreprises font faillite, il n'y a pas de rentrées d'argent, et quand le chômage augmente, cela pompe le budget.» Haussement d'épaules en guise de conclusion : «L'Allemagne vit très largement au-dessus de ses moyens, et Eichel le sait très bien.» Pourquoi, alors, le ministre des Finances allemand, Hans Eichel a-t-il mis autant de temps à faire son coming out ? Après des semaines de tergiversations, de petits échos au conditionnel, le ministre a fini par l'avouer ce week-end : le gouvernement ne pourra pas respecter en 2003 sa promesse de ramener le déficit public sous la barre fatidique des 3 % du PIB. Car les dépenses supplémentaires s'élèvent à 18,9 milliards d'euros. Pire, il ne voit pas comment redresser la barre avant... 2006.
Et c'est peut-être cela le plus gros choc. Déjà, l'année dernière, l'Allemagne avait piétiné le Pacte de stabilité de l'Union européenne en affichant un 3,6 %. «Juste un petit problème conjoncturel, soulignait-on en novembre. La croissance est faible. Mais elle va repartir et tout ira mieux en 2003.» Seulement voilà, entretemps il y a eu la guerre en Irak ; et la croissance flirte avec zéro. Hans Eichel ne pouvait pas l'ignorer car les prévisions de croissance ont été révisées à la baisse par tous les instituts depuis plus d'un mois. «Sparen» (faire des économies), Hans Eichel ne voyait pas d'a




