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Foulard en entreprise: la cour d'appel consent

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La salariée de Téléperformance peut continuer de porter son voile au travail.

Publié le 20/06/2003 à 23h27

La justice a de nouveau donné raison à Dallila Tahri, jeune femme licenciée car elle refusait d'abandonner son voile islamique sur son lieu de travail. Hier, la cour d'appel de Paris a confirmé l'ordonnance du tribunal des prud'hommes, en décembre 2002, qui avait obligé son employeur, la société Téléperformance, à la réintégrer. «C'est une victoire, a estimé Dallila Tahri. Je peux porter le foulard à mon travail et être complètement intégrée à la société française.»

Comme les prud'hommes, la cour d'appel a jugé que Dallila Tahri était victime d'une discrimination liée à ses convictions religieuses. Pour justifier son licenciement, Téléperformance avait invoqué l'embarras des clients à la vue d'un voile islamique. Un argument que la cour d'appel n'a pas retenu, estimant qu'aucun incident avec la clientèle n'était survenu.

Bonnet. Dallila Tahri avait été embauchée comme téléenquêtrice en juin 2001 alors qu'elle portait déjà le voile. «Sur les photos de mes CV, on voit que je suis voilée, je ne leur ai jamais caché», rappelle-t-elle. C'est à la faveur d'un changement de lieu d'affectation, que l'apparence de Dallila serait devenue gênante pour des clients qu'elle était amenée à fréquenter plus régulièrement. «Ils m'ont alors demandé de nouer mon foulard comme un bonnet. J'ai refusé, ils m'ont licenciée.»

Pour motiver sa décision, la cour d'appel de Paris a donc invoqué la liberté religieuse, et non celle de se vêtir. Elle a constaté que l'entreprise ne contestait pas le foulard, p

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