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Libération

Après un an de bras de fer, Fischler arrache sa réforme

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La France obtient la garantie de prix minimaux.

Publié le 27/06/2003 à 23h34

Epuisés, vidés, mais «satisfaits», les négociateurs de la réforme de la Politique agricole commune se sont offerts une dernière nuit blanche pour boucler l'accord impossible derrière lequel ils couraient depuis un an. «Les ultimes discussions ont commencé à Luxembourg dans la soirée de mercredi à jeudi. Personne n'a eu le temps de dormir ou presque. Vers quatre ou cinq heures du matin, jeudi, nous étions sur la bonne voie. Deux heures après, la messe était dite», résume un proche d'Hervé Gaymard, le ministre français de l'Agriculture, principal opposant à la réforme voulue par Franz Fischler, le commissaire européen qui a lancé toute l'affaire. En prenant tout son monde par surprise au début de juillet 2002. Flash-back sur un débat qui n'a sans doute pas fini de faire des vagues chez les 14 millions d'agriculteurs européens après avoir tenu en haleine ses principaux protagonistes pendant des mois. Les coups tordus, les menaces plus ou moins directes et les discussions secrètes tenues en coulisses par les chefs d'Etat eux-mêmes donnent une idée de l'âpreté des négociations. Récit d'un psychodrame en trois actes.

Acte I

Menaces de veto

Ce 10 juillet 2002, à Bruxelles, l'obscure commissaire européen à l'Agriculture et à la Pêche, l'Autrichien Franz Fischler, jette un gros pavé dans la marre des Quinze. Personne ne connaît encore la ténacité du bonhomme qui ne paye pas de mine. Il présente un projet radical de refonte des financements de la PAC, accusée de tous les maux : son systè

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