Stockholm, de notre correspondant.
L'attaque a pris tout le monde par surprise. Dans le débat sur le salaire et les bonus des patrons, Claes Dahlbäck peut se targuer d'avoir créé l'événement en Suède. Lui, le président d'Investor, la compagnie d'investissement de la famille Wallenberg, la dynastie industrielle la plus emblématique du royaume scandinave, le représentant du capitalisme nordique, s'est fendu, le 24 juin dernier, d'un long point de vue (doublé d'un entretien) dans le quotidien économique Dagens Industri pour fustiger les hauts salaires de ses homologues. Et quand le patron d'Investor parle, ce qui est rare, la Suède écoute. «Ce printemps, chaque assemblée d'actionnaires a donné lieu à des critiques sur la rémunération des patrons. J'ai senti qu'il fallait venir avec du concret», justifie-t-il.
Plafond. Sur une pleine page, Claes Dahlbäck s'explique : «Beaucoup de critiques sont justifiées. Le temps de la remise en question est venu. Même si nombre de nos entreprises sont très internationales, avec des collaborateurs dans le monde entier, nous ne pouvons pas oublier la réalité dans laquelle nous vivons chez nous. Je trouve ainsi sain de comparer le revenu total d'un pdg d'une société cotée en Bourse avec, par exemple, ce que gagne en moyenne un ouvrier de l'industrie (19 000 couronnes par mois, soit environ 24 fois moins que le salaire moyen d'un PDG suédois, ndlr), et pas seulement avec ce qu'un PDG équivalent gagne en Angleterre ou aux Etats-Unis.»
Dahlbäck passe




