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Libération

Les salariés de Verizon se tirent une balle dans le combiné

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Les syndicats menacent d'appeler les abonnés à boycotter la société de téléphonie américaine.

Publié le 15/08/2003 à 0h37

Washington

de notre correspondant

Engagés dans un bras de fer avec leur direction, les syndicats de la compagnie de téléphone Verizon sont assez contents de leur trouvaille, qu'ils qualifient de «technique innovante» de négociation. Ils brandissent depuis mercredi l'arme du boycott contre leur propre compagnie. Les spécialistes des rapports sociaux, eux, sont assez surpris, estimant que cette «innovation» revient à se tirer une balle dans le pied. Dans le Boston Globe, l'économiste du travail Paul Harrington a même eu ce commentaire peu aimable à l'endroit de l'innovation syndicale : «Cela atteint 9 sur l'échelle de la crétinerie.»

Flexibilité. Verizon, qui couvre les Etats de la côte est des Etats-Unis, est une des rares compagnies de téléphone largement rentables , «une des plus grandes machines à cash d'Amérique», selon le magazine Business Week. Elle est au milieu d'une âpre négociation visant à renouveler la convention collective du groupe, qui a expiré le 2 août, et qui concerne 79 200 salariés. La direction entend continuer à réduire les effectifs, obtenir plus de flexibilité pour déplacer les salariés et réduire la contribution patronale à leur système d'assurance santé.

Les syndicats du groupe ne considèrent pas du tout leur idée de boycott comme farfelue. Ils comptent regrouper, grâce à l'Internet, un groupe de clients concernés par leur sort (des familles syndiquées...) et leur demander de se tenir prêts à passer chez le concurrent AT&T. L'objectif est d'arriver à une

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