Tati va faire pleurer Barbès. Jeudi soir, boulevard Rochechouart, dans les murs historiques du groupe fondé par Jules Ouaki en 1948, son fils Fabien, 46 ans, a quasiment prononcé la mort clinique du roi de la fringue pas chère, emblème popu-branché de ce vieux quartier de la capitale. Financièrement faiblard depuis des années, débordé par les géants des hypers qui attaquent le marché en rouleau compresseur, Tati s'est finalement fait repasser. L'inventeur du hard discount à la française succombe à l'assaut des nouveaux mastodontes du secteur. Les représentants CFTC (majoritaire) et CGT des 1 200 salariés français du groupe réunis en comité central d'entreprise extraordinaire «s'y attendaient depuis quelques semaines», comme le dit Karl Ghazi, responsable du dossier à la Fédération CGT du Commerce.
Les choses n'ont pas traîné : vendredi matin, le dépôt de bilan de la maison a été officiellement déposé au greffe du tribunal de commerce de Paris. Ce dernier devrait rapidement statuer sur le cas Tati : dès le 2 septembre, il pourrait décider soit une liquidation judiciaire pure et simple de l'enseigne rose Vichy, soit un redressement judiciaire avec nomination d'un administrateur ad hoc chargé de trouver un ou des repreneurs potentiels. En cas d'échec, la liquidation serait, pour le coup, inévitable. La direction de Tati, qui affirme avoir repoussé des propositions de rachat jugées indignes, se refusait vendredi à tout commentaire supplémentaire.
Pour les employés de la maison, ju




