Cet été, manifestations, grèves et opérations coup de poing des intermittents du spectacle ont levé le voile sur un secteur en pleine mutation et aux inégalités considérables. L'hyperspécialisation des métiers culturels et le développement de nouvelles formes de spectacle, de la télévision aux parcs à thème, ont fait entrer dans le monde de la culture des milliers de nouveaux professionnels. Au risque de faire exploser le régime de l'intermittence. En dix ans, le nombre d'affiliés a augmenté de 125 % : 130 000 personnes en tout, comédiens, animateurs de grandes surfaces ou chefs menuisiers.
Or l'intermittence ne concerne qu'un quart de l'emploi culturel. Tous les autres, romanciers, sculpteurs ou illustrateurs, si précaire que soit leur situation professionnelle, en sont exclus. Travailleurs indépendants, non salariés, ils sont soumis aux lois du marché sans protection ou presque. C'est ainsi que les créateurs d'art contemporain évoluent dans un monde plus proche de la libre entreprise que du ministère de la Culture, qui pourtant subventionne largement la création contemporaine. Entrepreneurs, ils le sont devenus, d'autant plus que leur façon de travailler a profondément changé.
«Curator». Depuis Marcel Duchamp au moins, les artistes sont sortis de leur atelier. Ils ont diversifié à la fois les produits de leurs activités (de la «performance» à la vidéo, de l'art conceptuel à l'installation «in situ», des productions numériques au design) et adopté de nouveaux processus de pro




