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«Queen Mary II»sous-traitants et maltraitants

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Alstom a remercié une de ses entreprises sous-traitantes du chantier de Saint-Nazaire, où le droit du travail est bafoué.

Publié le 05/09/2003 à 0h51

Saint-Nazaire envoyé spécial

De mémoire de métallo, virer une boîte pour ses trucages au droit du travail, c'est une première. A moins de trois mois de la livraison du Queen Mary II, le plus grand paquebot du monde, Alstom a dénoncé hier son contrat avec Avco Marine, l'entreprise chargée du conditionnement de l'air sur le navire. Officiellement, il s'agit pour les chantiers navals de Saint-Nazaire de sanctionner des retards d'exécution du marché. Mais un porte-parole d'Alstom a aussi invoqué les irrégularités sociales trop flagrantes, trop médiatisées aussi, rendant Avco ­ filiale des groupes industriels Tata (Inde) et Aerimpianti (Italie) ­ de plus en plus indésirable.

Méthodes inavouables. Cette rupture brutale de contrat intervient après le règlement du conflit des salariés roumains. Lundi, après deux semaines de grève et le blocage des accès du site aux fournisseurs, chacun des 95 employés de Klas Impex, sous-traitante d'Avco, a obtenu 3 200 euros, soit trois quarts du retard de salaire. Cette société roumaine, à qui Avco avait délégué une part du marché de ventilation du Queen Mary II, est désormais sous-traitante directe d'Alstom Marine. Exit Avco et ses méthodes inavouables.

Depuis mars dernier, trois grèves ont dévoilé les méthodes de la sous-traitance en cascade puisant sa main-d'oeuvre dans les pays plus pauvres. Indiens, Grecs, Roumains, Portugais, ils ont tous un savoir-faire industriel. Tous aussi payés au Smic. C'est la première irrégularité : sur le papier, ils

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