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Libération

Accro du marchandage

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Publié le 15/09/2003 à 0h59

Roselyne est vendeuse dans une boutique d'antiquités aux puces de Saint-Ouen.

«Je travaille aux puces depuis trois ans avec un patron âpre aux gains. Même si ses méthodes commerciales sont parfois douteuses, j'aime travailler dans l'ambiance incroyable de ce marché. Vendeuses de thé ou de portions repas à la sauvette, vieux porteurs transportant les meubles avec un diable, cet univers de boutiques en tout genre où travaillent des milliers de personne est depuis peu classé patrimoine mondial par l'Unesco.

«Depuis le 11 septembre, la clientèle a beaucoup changé. Les riches marchands américains qui débarquaient et pouvaient vider le magasin en une heure pour remplir un container ont disparu. Cela a eu un effet désastreux sur mes revenus car je suis essentiellement payée par commission. Mais la fuite des Américains a eu un avantage : les pratiques commerciales ont été un peu assainies. Les marchands ont été obligés de baisser les prix à leur juste valeur et de se montrer plus aimables avec les clients. Même si certains ne cherchent pas moins cher et sont prêts à payer le prix du rêve.

«Depuis peu, on voit donc débarquer une nouvelle clientèle, celle des pays de l'Est. Ce sont des marchands mandatés par les nouveaux riches russes. Ils arrivent avec des camions et des mallettes de biffetons. Ils achètent tout ce qu'il y a de plus cher et de plus vulgaire. Parfois ils montent même les prix car ils trouvent que ce n'est pas assez cher. Une fois, j'ai vu un type entrer dans la boutique,

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