Strasbourg
de notre correspondante
Aucune compagnie aérienne n'assure désormais la ligne entre Strasbourg et Londres, et réciproquement. Mardi, la compagnie aérienne à bas coût Ryanair a plié bagage, suite à une décision du tribunal administratif de Strasbourg jugeant illégales les généreuses subventions attribuées au transporteur irlandais par la chambre de commerce et d'industrie (CCI) du Bas-Rhin. Elle a installé depuis hier ses quartiers à Baden-Baden, à une soixantaine de kilomètres de la capitale alsacienne. En mai dernier, c'était Brit Air, filiale d'Air France, qui avait renoncé à exploiter la ligne Strasbourg-Londres, victime, selon elle, de «concurrence déloyale» de la part de la low cost. Les députés européens britanniques et irlandais, en session toute cette semaine dans la deuxième «capitale de l'Europe», ont dû, en bougonnant, transiter par Paris, Bruxelles, Francfort, ou Baden-Baden, donc, pour rentrer chez eux.
Echec. Paradoxale situation : c'est au nom de la concurrence, des lois du marché et d'une saine émulation tarifaire que Ryanair s'était installé en Alsace en octobre 2002, avec un prix d'appel à 19,99 euros l'aller-retour, en échange d'1,4 million d'euros de subventions annuelles. Moins d'un an plus tard, ladite «concurrence» se solde par un échec : il y avait deux compagnies qui assuraient la liaison Strasbourg-Londres il y a quelques mois, il n'y en a plus aucune aujourd'hui. Air France a perdu 30 % de sa clientèle et 50 % de son chiffre d'affaires, et




