Washington de notre correspondant
En organisant l'achat de médicaments au Canada pour ses employés, la ville de Springfield peut se vanter d'avoir soulevé une belle polémique. De nombreuses collectivités veulent désormais l'imiter, au grand dam des laboratoires pharmaceutiques et de la Food and Drug Administration (FDA), l'agence de médicaments américaine, qui ne sait plus où donner de la tête pour endiguer le phénomène.
Springfield, 150 000 âmes à l'ouest du Massachusetts, a vu ses finances malmenées par le ralentissement économique. Afin de réduire le coût de l'assurance maladie des employés municipaux (20 000 personnes couvertes), le maire, Michael Albano, a décidé, en juillet, de les encourager à acheter leurs médicaments au Canada, où, comme en France, les prix sont contrôlés.
Les différences avec les pharmacies américaines vont du simple au double, parfois beaucoup plus. Ainsi, les mêmes cachets de Tamoxifen, un médicament contre le cancer du sein, coûtent 18 dollars au Canada, contre 127 dollars aux Etats-Unis. Les laboratoires américains se défendent en expliquant qu'ils financent la recherche pharmaceutique, dont profite le reste du monde.
Si de nombreux particuliers ont l'habitude de se fournir de l'autre côté de la frontière (soit par des allers-retours, soit par l'Internet), c'est la première fois qu'une telle pratique est organisée par une collectivité publique. Problème : importer des médicaments sans l'accord de la FDA est illégal.
A peine trois mois après la mise




