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Travail voilé

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La question du foulard se pose aussi en entreprise où des femmes veulent travailler sans se dévoiler.

Publié le 10/11/2003 à 1h49

Elles ont entre 20 et 35 ans, ont généralement fait des études, et réclament le droit de travailler. Elles ont aussi rencontré l'islam, portent le foulard, se conformant à une lecture stricte du Coran. Un choix personnel, disent-elles, une décision d'adulte, qui, a leurs yeux, est compatible avec le fait de travailler. En 1989, la question du voile faisait son entrée à l'école, aujourd'hui, il se pose dans le monde du travail. Depuis un an, les conflits se sont multipliés même si leur nombre reste très limité. Décembre 2002 : première affaire médiatisée. Dallila Tahri, jeune télé-enquêtrice embauchée avec le voile, poursuit son employeur aux prud'hommes. Elle a été licenciée pour avoir refusé de nouer plus légèrement son foulard. Elle gagne son procès (1). Juillet 2003 : Nadjet Ben Abdallah, contrôleuse du travail à Lyon, est suspendue pour un an sans salaire pour avoir gardé ses cheveux couverts. Elle a fait appel, la justice doit se prononcer le 19 novembre. Cet automne, une assistante sociale de la Mairie de Paris sème le trouble dans son service. Elle porte le voile depuis sa titularisation et refuse de serrer la main des hommes. L'employée n'est pas suspendue, la négociation est en cours.

Tout cela est inédit, il correspond à l'arrivée sur le marché du travail d'une nouvelle génération de jeunes femmes. «Nous sommes nées ici, explique Samira Makhlouf, 22 ans, membre de l'Association des femmes françaises musulmanes engagées. Notre modèle de la femme est le même que pour

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