L'optimisme de Francis Mer videra-t-il l'ANPE ? Hier, l'Insee a annoncé une croissance de 0,35 % au troisième trimestre, après un déprimant - 0,3 % au trimestre précédent. Et illico, le ministre des Finances s'emballe, et déclare au Sénat que si tout ceci se maintient, le chômage devrait «commencer par plafonner» au début de 2004 puis «baisser régulièrement tout au long de l'année». «On se sent rassurés», ajoute-t-il.
Le pronom «on» a cela d'intéressant qu'il évite de définir qui se sent «rassuré» à part Francis Mer lui-même. Pas franchement les chômeurs, en l'occurrence. Comme l'a rappelé l'Unedic dans ses prévisions pour 2003-2004 publiées hier, la France s'achemine doucement vers 100 000 destructions de postes salariés sur toute l'année 2003. Un phénomène inédit «depuis dix ans», précise l'assurance chômage. Même le tertiaire est touché, alors que l'emploi industriel était jusque-là la principale victime de la crise.
Les économistes ne sont pas plus rassurés. «Je n'y crois pas beaucoup», indique Anne Beaudu, du Crédit agricole. Elle rappelle d'abord qu'une croissance riquiqui ne suffit pas à relancer l'emploi comme par magie. «Même en étant optimiste, en considérant que 1 % de croissance en glissement annuel suffit à faire cesser la montée du chômage, on n'attend pas un tel chiffre avant le deuxième trimestre 2004. Et il y a toujours un décalage de trois à six mois entre la croissance et la création d'emplois.» Elle a fait tourner sa calculette et prévoit pour sa part une s




