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Libération

Lutte au prétoire

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Accusés de diffamation ou de violences, des syndicalistes se retrouvent au pénal. Une justice lourde, peu adaptée aux conflits du travail.

Publié le 01/12/2003 à 2h09

C'est le plus connu de tous. Il y a un an, le 19 novembre 2002, la justice condamnait José Bové à quatorze mois de prison pour avoir détruit des plants de riz transgénique. Mais le leader de la Confédération paysanne n'est pas le seul. Ailleurs, dans l'industrie comme dans les services, des syndicalistes se retrouvent devant les tribunaux. Pas devant les prud'hommes, justice ordinaire des conflits du travail, mais au pénal, là où on juge pour vol ou agression.

Pour avoir rédigé un tract, Abdel Mabrouki, délégué CGT de Pizza Hut, a été mis en examen. Thierry Lepaon, responsable de la CGT à Caen, a été accusé d'avoir molesté un huissier (lire p. III). Une militante CGT se retrouve menacée de poursuite en correctionnelle pour avoir fait carillonner des cloches devant un mégaphone lors d'une manifestation en juin à Montbéliard... Motif de la plainte déposée par des policiers : «Agression sonore.» Et la semaine dernière, la pénalisation des actions syndicales a ressurgi à l'Assemblée, lors de l'examen du projet de loi Perben : des députés de l'opposition craignent que la nouvelle définition de la «dégradation de biens» commise en bande organisée puisse s'appliquer aux opérations coup de poing des militants.

Pourquoi recourir à une justice si pénalisante ? Le sujet fait débat. Pour des syndicats contestataires comme la CGT ou SUD, il est clair que ce recours au pénal est un moyen de «casser» du militant. «Quand un syndicaliste est un peu ferme dans ses revendications, ça tape», esti

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