L'euro ne cesse de grimper : il a atteint hier un nouveau record historique à 1,2276 dollar. Si l'on se rappelle que le 26 octobre 2000, il s'échangeait à 0,8252 dollar, son plus bas niveau, on mesure le chemin parcouru. En trois ans, la monnaie unique s'est appréciée de près de 50 % face à la devise américaine. Cela étant, la performance doit être relativisée : lors de son lancement, le 1er janvier 1999, l'euro s'échangeait autour de 1,17 dollar. Autrement dit, il a surtout reconquis, depuis janvier 2002, le terrain perdu, comme on le fait remarquer à Francfort, au siège de la Banque centrale européenne.
Est-ce le dollar qui baisse ou l'euro qui monte ?
C'est le dollar qui baisse, incontestablement. Il baisse face à toutes les grandes monnaies du monde. Pourtant, et cela est étonnant, les Etats-Unis ont renoué avec une croissance soutenue (8 % en rythme annuel) qui fait pâlir d'envie des Européens englués dans la morosité. Manifestement, les marchés financiers ont surtout les yeux rivés sur les graves déséquilibres structurels de l'économie américaine (déficit public, déficit commercial), ce qui les fait douter de la solidité de la reprise. Et cette situation n'a pas l'air d'inquiéter la Fed, la banque centrale américaine. Hier, elle a décidé de ne pas relever ses taux d'intérêts pour une «période considérable». En regard, les comptes de la zone euro restent équilibrés. Même l'enterrement du Pacte de stabilité par les pays qui ont franchi la ligne rouge des 3 % de déficit pub




