On connaissait le salarié harcelé par son chef, voici le supérieur hiérarchique qui se dit harcelé par son subordonné. A l'entrepôt parisien de Virgin, qui approvisionne le magasin des Champs-Elysées, Cédric Ostrowski, employé logistique, est en procédure de licenciement. Virgin lui reproche de faire subir à son supérieur hiérarchique «un harcèlement moral inadmissible». L'accusation est rarissime.
Le directeur de l'entrepôt de Virgin reprochait à son subordonné de critiquer «systématiquement les initiatives de l'entreprise» et «de [n'avoir] de cesse de [le] discréditer». A bout, il a fini par le licencier.
Problème : Cédric Ostrowski est aussi syndicaliste CGT. Et pas de ceux qui prônent la conciliation. «Il peut être virulent, admet Laurent Degousée, délégué central CGT chez Virgin. En fait, il ouvre sa gueule, ça dérange.» Surtout dans une entreprise qui prône le tutoiement à tous les étages. «C'est un jeune directeur qui n'avait pas l'habitude de négocier avec les syndicats, se défend Cédric Ostrowski. Pour lui, les problèmes se règlent autour d'une bière dans un café.»
Comme l'exige le code du travail, l'inspection du travail a été saisie de ce cas de licenciement d'un syndicaliste. Après enquête, l'inspecteur a considéré que Cédric Ostrowski exerçait son mandat «avec véhémence et rigidité, sans tenir toujours compte des interlocuteurs», mais qu'il ne harcelait pas son supérieur. Le licenciement a donc été refusé, et l'employé réintégré.
Virgin n'en est pas resté là. Le gro




