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Libération

Le prolo des porteurs

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Publié le 05/01/2004 à 21h42

Daniel, 54 ans, distribue dans les boîtes aux lettres journaux gratuits et publicités.

Un métier très mal payé.

«Pour élever mes quatre enfants, je me suis arrêté de travailler durant onze ans. Mais, quand j'ai voulu reprendre, je me suis retrouvé comme une femme qui était restée longtemps à la maison : j'ai cherché du boulot et je n'en ai pas trouvé. J'ai donc pris ce qu'on me proposait : distributeur de journaux gratuits et de publicité.

C'est un métier ingrat que personne ne veut faire. Les particuliers n'aiment pas nous voir bourrer leurs boîtes aux lettres. Les écolos ne nous apprécient pas non plus. Et nous, nous sommes extrêmement isolés. Nous avons chacun notre tournée, on ne croise jamais les collègues. C'est aussi un métier fatigant. Au début, quand on me demandait ce que je faisais, je disais "sportif". On n'arrête pas de marcher. A la maison à garder les enfants, j'avais mal au genou et mal au dos. Aujourd'hui, je n'ai plus aucune douleur. A porter un gros sac, cela m'a redressé le dos. Ce boulot, c'est du sport

«Dans la hiérarchie des porteurs de journaux, nous sommes des prolétaires. Ceux qui distribuent des quotidiens nationaux ou régionaux sont payés au moins au Smic. Nous pas. Les gratuits et la pub, c'est payé à la pièce. Je suis donc rémunéré à la pub distribuée, pas à l'heure comme tout le monde. Résultat : je perds 30 à 40 % du Smic horaire. Ne me demandez pas comment. Personne ne comprend comment ça marche. Tout ce que je sais, c'est que le Smic n'est pas r

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