C'est la première mobilisation contre le contrat de mission. A ce jour, plus de 13 400 informaticiens ont signé, via l'Internet, une pétition qui dénonce la création dans leur branche de ce contrat à durée déterminée de long terme, adapté aux fluctuations des missions informatiques. Une des mesures phare du rapport sur l'emploi, présenté la semaine dernière par Michel de Virville et que François Fillion, ministre des Affaires Sociales et du Travail, envisage d'intégrer à sa loi sur l'emploi.
Vieux rêve. Dans l'informatique, la menace planait depuis longtemps. En décembre, le patronat du secteur, le Syntec, qui représente les entreprises en conseil, informatique et ingénierie, demande aux partenaires sociaux la mise en place d'un tel contrat. Qui permet, selon le Syntec, de «recruter des salariés pour une mission donnée». Et de s'en débarrasser une fois la mission terminée chez le client. Pour les syndicats, c'est la réalisation par le patronat d'un vieux rêve, lier les contrats de travail aux contrats commerciaux. Le Syntec propose aussi d'imposer la mobilité géographique à ses salariés, par accord de branche, et souhaite que les ingénieurs et cadres soient contraints de poser leurs RTT dans les périodes «d'intermissions», c'est-à-dire, entre deux projets chez des clients.
Immédiatement, les syndicats réagissent. A Nantes, l'intersyndicale CGT-CFDT-Sud de l'informatique organise des réunions d'information. «On a réussi à avoir deux fois presque 50 personnes, raconte Hervé Rich




