Washington de notre correspondant
«Ouch ! Grrrr ! Arrrgh !» réagirait probablement Michael Eisner s'il était un personnage de ses dessins animés. Le patron de Walt Disney ne pouvait en effet craindre pire nouvelle : la société Pixar, une vraie poule aux oeufs d'or, a décidé de voler de ses propres ailes. Une collaboration de douze années prend fin. A partir de 2006, Disney ne distribuera plus les films de Pixar et n'empochera plus 60 % des profits générés par les films du studio prodige. Vendredi, à l'ouverture du marché, le cours de Disney était en baisse de 3 %, Pixar en hausse de 6 %.
Pixar a enchaîné les succès : Toy Story I et II, 1 001 pattes, Monstres & Co et surtout le Monde de Nemo (844 millions de dollars de recettes mondiales). Le petit studio devenu gros assurait ces dernières années jusqu'à un tiers des bénéfices de Disney... Pendant ce temps, les studios d'animation de l'oncle Walt dépérissaient.
Le présent contrat liant les deux sociétés expire fin 2005, après la sortie de deux derniers films (The Incredibles cette année et Cars l'an prochain). En position de force, Steve Jobs, patron de Pixar et fondateur d'Apple, a proposé à Disney de changer les règles du jeu : pour lui, 100 % des bénéfices ; pour Disney, une simple commission de distribution. Jobs exigeait en outre une modification de la clé de partage des bénéfices que rapporteront The Incredibles et Cars.
«Après dix mois passés à essayer de trouver un accord avec Disney, nous passons à autre chose», a déclar




