Buenos Aires de notre correspondant
La rupture brutale du contrat de Thales Spectrum, filiale locale du groupe français Thales (ex-Thomson-CSF), est sans doute la mesure la plus radicale prise par le gouvernement argentin contre un investisseur étranger depuis l'arrivée au pouvoir de Nestor Kirchner en mai 2003. L'entreprise française chargée de gérer l'espace radioélectrique du pays est accusée d'avoir soustrait des caisses de l'Etat 300 millions de pesos de redevance (85 millions d'euros), dont une partie (20 millions d'euros) aurait pris la direction de paradis fiscaux. Voilà qui risque de compliquer la tournée en Amérique du Sud du ministre des Affaires étrangères, Dominique de Villepin. Ce dernier est arrivé hier à Buenos Aires où il est venu plaider la cause des entreprises françaises qui renégocient en ce moment leurs contrats de concession de services publics, et qui selon lui, ont «fait de nombreux efforts pendant la crise économique argentine en 2001-2002».
Pas d'impunité. Ce n'est pas vraiment l'avis des autorités argentines. «L'argent volé par Thales Spectrum équivaut à trois fois le budget de la police nationale argentine», a ainsi récemment accusé Gustavo Beliz, le ministre de la Justice. Depuis Paris, le groupe Thales ne cesse de démentir ces accusations, répétant que «Thales avait rempli les obligations de ce contrat». Mais en vain : l'équipe Kirchner ne change pas de position et continue d'attaquer les compagnies étrangères qui raflent les concessions de servi




