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Libération

La Californie au rayon grève

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Quatrième mois d'action pour les salariés d'hypermarchés, menacés par l'arrivée du géant Wal-Mart dans l'Etat.

Publié le 11/02/2004 à 22h54

Los Angeles correspondance

«Certains grévistes ne tiennent plus et veulent retourner travailler. On ne les en empêchera pas», confie, résignée, une responsable du Syndicat des salariés de supermarché (United Food and Commercial Workers). Une grève de quatre mois, c'est long pour des caissiers et des baggers ­ chargés de mettre les achats dans les sacs ­, qui survivent avec les 100 dollars par semaine du fonds de grève. Et quelques colis alimentaires.

Hispaniques. Mais, jusque-là, les salariés des hypermarchés californiens ont tenu. Cette lutte est peut-être l'ultime bataille contre la «Wal-Martisation» du pays, c'est-à-dire la fin d'une certaine sécurité et du droit à la couverture médicale pour les travailleurs au bas de l'échelle sociale américaine. Les chaînes Vons et Pavillons (qui appartiennent au groupe Safeway), Ralph et Albertsons (propriétés du groupe Kroger) représentent 852 magasins soit la quasi-totalité des supermarchés de Californie du Sud. Leurs 70 000 salariés, presque tous hispaniques, touchent des salaires qui se situent au-dessus du minimum légal ­ 8 à 12 dollars de l'heure ­ et surtout bénéficient d'une assurance médicale couverte en partie par leur employeur. Tous sont syndiqués.

Les chaînes veulent changer cela. Parce qu'en mars le géant des hypers, Wal-Mart, débarque en Californie. Ouvrant la première de ses 40 grandes surfaces prévues. Numéro un des hypers du pays, dominant le marché de l'alimentation, du jouet, du meuble... Wal-Mart paie mal, refuse les

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