Jusqu'ici on parlait de «conduite du changement», de «management de la situation de crise» ou de downsizing. Autant d'expressions «euphémisées» pour parler des restructurations dans les entreprises et des licenciements qu'elles engendrent. A l'heure où les partenaires sociaux négocient sur le sujet, sans réussir à s'entendre, les managers se posent des questions sur leurs propres pratiques.
Jusqu'ici, licencier ne s'apprenait guère dans les écoles, mis à part quelques règles de droit social ou des cours pour remotiver les «survivants» à un plan social. A l'école de commerce Sup de co Reims (1), l'enseignement des restructurations a fait son entrée depuis l'an dernier. Avec un credo : les restructurations ne sont plus des événements conjoncturels, des crises. Mais des phénomènes continus, auxquels il faut répondre le plus en amont possible pour limiter les difficultés, notamment toutes celles liées à la perte d'emploi.
Rachel Beaujolin-Bellet, chercheuse et professeure à Reims, a mis au point un module appelé Flexibilités et restructurations, proposé aux étudiants en troisième année de l'école de commerce. «Tous les managers seront confrontés un jour à ces situations, autant bien les y préparer», dit la professeure. Le module ne se contente pas d'expliquer comment gérer les sureffectifs. Il a pour ambition de donner les outils aux managers pour accompagner les réorganisations permanentes des entreprises et savoir déceler les signes précurseurs d'une restructuration qui se tradu




