Dans la rue Jean-Jacques-Rousseau à Montreuil, en proche banlieue parisienne, rien ne laisse penser que deux des plus importantes structures hip-hop y ont installé leurs bureaux. Pas une note de musique ne filtre, pas de portes qui claquent. On est loin de l'ambiance tumultueuse des vidéoclips où des rappeurs étalent leurs nouvelles richesses à longueur d'images. Ils ne sont que la partie immergée de l'iceberg. La culture hip-hop, née aux Etats-Unis au début des années 70, arrivée en France il y a vingt ans, a créé de nombreux débouchés pour des jeunes issus de l'immigration et des quartiers populaires, dans le disque mais aussi le vêtement, le spectacle, l'enseignement, le conseil ou l'image.
A Montreuil, quelques autocollants à l'effigie des artistes rap signalent à peine la présence des labels, Double H et Nouvelle Donne. Au numéro 4, les dirigeants, Kodjo Houngbeme et William Edor, attendent avec impatience le résultat du top Ifop qui doit tomber sur le fax à 18 heures. L'album d'un des artistes maison est dans les bacs de disques depuis une semaine. Dans le bureau d'une quarantaine de mètres carrés, Philippe, 25 ans, fraîchement recruté, s'occupe de la partie juridique, tout en préparant son DEA en droit des affaires. Au fond, Blaise, 24 ans, petit frère de Kodjo, se fâche contre un propriétaire de salle qui n'a pas payé un de ses artistes après un concert. Un BTS informatique en poche, il s'est formé au métier de régisseur pour accompagner les tournées de Disiz La Peste




