Imaginons une machine à laver le linge qui serait vendue d'office avec des barils de lessive. Les lessiviers hurleraient au déni de concurrence, porteraient l'affaire devant la justice et exigeraient la condamnation de la firme qui profite de sa position dominante dans le lave-linge pour leur piquer des parts de marché sur la poudre. C'est exactement la situation de Microsoft, dont le système d'exploitation Windows 95 % du marché des ordinateurs personnels est fourni avec une kyrielle de logiciels supplémentaires, dont le navigateur web Explorer et le lecteur audiovidéo Media Player, à la grande fureur des entreprises proposant de tels programmes.
Théorique.
Les sanctions contre Microsoft annoncées aujourd'hui par la Commission européenne vont-elles mettre un terme à cette situation ? Sur le papier, l'Europe n'hésite pas à frapper fort, avec une amende record qui pourrait atteindre les 500 millions d'euros et l'obligation de commercialiser deux versions différentes de Windows, l'une avec Media Player et l'autre sans. Du côté des concurrents, l'enthousiasme est en revanche très mesuré. «Je ne suis pas très impressionné», indique Hakon Lie, l'un des dirigeants de la firme norvégienne Opera. Primo, le montant de l'amende, très élevé pour n'importe quelle entreprise, est un «coup d'épée dans l'eau» au regard des gigantesques réserves de 43 milliards d'euros dont dispose Microsoft, comme le souligne l'économiste François Lévèque. Quant au frein mis à la vente liée de Media Play




