«Etes-vous mâle ou femelle ?» «Combien coûtez-vous payé par mois ?» C'est dans ce mauvais français traduit de l'anglais que 14 salariés employés d'une PME britannique installée en région parisienne se sont récemment fait virer (Libération du 26 février). Un matin d'hiver, alors qu'ils allaient entamer leur journée de travail, les employés d'Optical Cable Technology, PME spécialisée dans la fabrication de fibres optiques à Dourdan (Essonne), ont découvert leur entreprise entièrement vide. Disparu, le matériel informatique, les fils du téléphone arrachés, les contrats de travail et fiches de paie envolés : tout avait été déménagé dans la nuit. Une méthode digne des Anglais ?
L'épisode rappelle l'annonce expéditive de la fermeture des 18 magasins Marks & Spencer, le 29 mars 2001. La veille, l'état-major du groupe avait prévenu qu'une annonce importante serait faite le lendemain. Une heure avant l'ouverture de la Bourse, les représentants du personnel apprennent la fermeture des magasins. A eux d'en informer leurs collègues. Méthode rapide et expéditive. Technique finalement tout anglo-saxonne ?
Les deux côtés de la Manche, c'est sûr, ne parlent pas la même langue sociale. Quand les Français ont pour norme un emploi de longue durée et protégé, les Anglais sont habitués à perdre leur travail un jour et à en retrouver un autre le lendemain. Flexibilité du monde anglo-saxon contre protectionnisme social à la française, les deux modèles s'affrontent. Quand vous embauchez quelqu'un en




