Buenos Aires, de notre correspondant.
En raison de l'emballement de la machine économique (9 % de croissance en 2003, 6 % prévu en 2004), l'Argentine manque cruellement de combustible pour faire tourner ses centrales électriques. Devant l'ampleur de la crise énergétique, le pays doit faire appel à ses voisins, Brésil et Bolivie, et au Venezuela. L'Argentine a ainsi conclu mardi, avec ce dernier, un accord de troc prévoyant l'échange de têtes de bétail contre du fuel. «Nous allons faire venir 25 000 génisses et taureaux d'Argentine», s'est félicité mercredi le président vénézuélien, Hugo Chavez. En contrepartie, le premier paquebot chargé de fuel et de gazole vénézuéliens arrivera en Argentine en mai.
Pour faire face à la crise énergétique, le gouvernement a également décidé, voici deux semaines, de réduire la tension électrique à destination du grand public de 5 %, à 209 volts au lieu des traditionnels 220 volts. L'exportation de gaz à destination des centrales électriques du Chili, qui dépendent à 90 % du combustible argentin, a été diminuée d'un tiers. Quant aux entreprises, elles se plaignent de la fréquence des interruptions de courant, ce qui pourrait handicaper la reprise actuelle.
Sans précédent. Le manque d'électricité n'a rien d'inhabituel à cette période. Cette année, cependant, les coupures d'énergie apparues dès le début de l'automne austral sont liées à une conjonction de phénomènes climatiques et économiques sans précédent. La sécheresse qui sévit dans le pays a r




