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Volkswagen encaisse l'argent des cheikhs

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L'émirat d'Abou Dhabi devient le deuxième actionnaire du constructeur allemand.

Publié le 24/04/2004 à 0h21

Berlin, de notre correspondante.

«Conte des Mille et Une Nuits au pays de l'automobile.» «Des Arabes veulent monter dans VW.» Pour toute la presse allemande, l'information a fait sensation. Jeudi, le patron de Volkswagen (VW), Bernd Pischetsrieder, a pris les marchés de court en annonçant lors de l'assemblée générale d'actionnaires que l'émirat d'Abou Dhabi allait devenir, avec 6,5 % du capital, le deuxième actionnaire du groupe derrière le Land de Basse-Saxe (13 %). Voire le premier actionnaire, le jour où le Land se décidera à céder tout ou partie de sa participation.

Pour Volkswagen, cette réorganisation capitalistique relève de la révolution de palais. Car jusqu'alors le groupe automobile de Wolfsburg était protégé parce que l'on appelle la «loi VW», qui interdit à tout actionnaire de détenir plus de 20 % des droits de vote du groupe. Ce dispositif, considéré par certains comme une «pilule anti-OPA», était depuis plusieurs années l'objet d'âpres batailles avec la Commission de Bruxelles. Tablant sur une prochaine abrogation de cette «loi», les marchés bruissaient déjà de rumeurs d'OPA sur VW.

Dans ce contexte, Abou Dhabi apparaît comme un sauveur. «Les gros actionnaires sont la meilleure protection contre les OPA hostiles», estime l'éditorialiste du Financial Times Deutschland. Protecteur sans faille de Volkswagen, Gerhard Schröder (ex-ministre-président de Basse-Saxe) aurait activement participé à la manoeuvre, selon la presse allemande. En octobre, le chancelier avait emb

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