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Estée Lauder, les affaires dans la peau

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Inventive et culottée, l'Américaine, décédée samedi, a créé un empire des cosmétiques.

Publié le 27/04/2004 à 0h22

L'âge réel d'Estée Lauder fait partie des mystères que la «reine de la beauté» a emportés avec elle. Selon la famille, elle est décédée à 97 ans, mais sa date de naissance ne figure dans aucune biographie. Une histoire de coquetterie de la dame, d'image cosmétique parfaite qu'elle a voulu maintenir, d'éternité de son nom. Retirée des affaires au début des années 90, elle a officiellement passé le relais de la direction à son fils Leonard en 1995. Mais ceux qui l'ont connue ont raconté à la presse américaine qu'à cette époque Estée Lauder ne sortait plus de chez elle depuis plusieurs années, affaiblie par un état de santé précaire.

Peu importe l'âge véritable de la capitaine. Cette femme qui a fondé et développé un empire de l'industrie cosmétique (1) a surtout inventé l'art et la manière de vendre des crèmes, des lotions, des rouges à lèvres et des parfums à des prix exorbitants, à des clients trop contents de se faire plumer pour devenir si beaux. Avec ses célèbres marques ­ Estée Lauder, Clinique, MAC, Aramis, Origins, Bobby Brown, etc. ­, l'icône glamour et culottée a supplanté Helena Rubinstein, qui a longtemps occupé le terrain du cosmétique de luxe. Mme Lauder avait deux théories de commercialisation pour des produits dont nul n'a réellement besoin. La première, c'est que le pot de crème ou le maquillage sont des produits intimes et qu'il faut flatter cette intimité-là. La seconde, c'est qu'en achetant un rimmel, les clients doivent avoir l'impression que leur vie va ch

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