Moscou, de notre correspondante.
La rumeur qui veut que Total réussisse bientôt un gros coup en Russie a pris une nouvelle consistance, hier : le groupe pétrolier français aurait reçu l'aval du Kremlin pour acheter 25 % du capital de Sibneft, le cinquième producteur russe de pétrole. L'information, rapportée par le quotidien britannique Financial Times, cite comme sources «un homme d'affaires éminent à Moscou» et «une personne informée à Washington». Ni Sibneft, ni Total n'ont voulu commenter cette nouvelle «rumeur», que plusieurs éléments viennent pourtant «crédibiliser», estiment les analystes à Moscou.
Total est depuis longtemps déjà à l'affût d'une prise de participation en Russie, deuxième pays exportateur de pétrole au monde après l'Arabie Saoudite. Les quatre milliards de dollars que coûterait le quart du capital de Sibneft correspondraient assez bien à la somme que le français serait prêt à investir en Russie.
Enfin, le patron de Sibneft, l'oligarque Roman Abramovitch, cherche lui aussi depuis longtemps à vendre tout ou partie de Sibneft. En avril 2003, il avait cédé 92 % de sa compagnie à Ioukos, donnant naissance de manière éphémère à un nouveau géant, premier producteur russe de pétrole et quatrième au monde. Après l'arrestation du patron de Ioukos, Mikhaïl Khodorkovski, en octobre dernier et les attaques menées contre sa compagnie, Abramovitch a pourtant préféré se retirer de ce guêpier. Il a fait capoter la fusion et cherche aujourd'hui d'autres repreneurs. «Avant




