Daniel Bernard peut pousser un «ouf» de soulagement : son mandat de PDG de Carrefour a été, hier, reconduit pour quatre ans par l'assemblée générale (AG) des actionnaires. Mais le patron du numéro deux mondial des hypermarchés a eu chaud : la veille de l'AG, ses proches redoutaient un coup d'Etat de son principal actionnaire, la famille Halley, qui contrôle 11 % du capital de la maison et 18 % des droits de vote (Libération du 3 mars). Des rumeurs persistantes prêtaient au clan Halley, le fondateur de Promodès qui a fusionné en 1999 avec Carrefour, l'intention de remplacer l'ombrageux Daniel Bernard par son ancien numéro deux, le Belge Luc Vandevelde, aujourd'hui à la tête des magasins Marks and Spencer.
Fausse alerte, pour le moment : «Il n'y a pas de dauphin chez Carrefour», a lancé hier Bernard en réponse à la question d'un petit actionnaire qui s'inquiétait de l'arrivée aux manettes de Vandevelde. Lequel n'a pas tout perdu : l'AG de Carrefour l'a nommé hier officiellement administrateur du groupe. Autant dire qu'il va marquer Bernard à la culotte. Et guetter ses éventuels faux pas pour le compte des Halley. Car cette très riche famille entend manifestement peser sur la stratégie du groupe. «Ce que veulent les Halley, dont les actifs sont constitués à hauteur de 90 % par des actions Carrefour, c'est que Vandevelde fasse cracher davantage de sous à Carrefour», affirmait avant l'AG un proche de Daniel Bernard.
En sursis ou pas, l'actuel PDG n'a guère d'autres choix que d'accé




