Marina, conseillère dans une boutique Bouygues Télécom, à Paris, ne fait pas franchement la pub pour les mobiles Nokia. A la cliente qui réclame à tout prix la marque fétiche, elle n'a qu'un modèle, plutôt fruste, à proposer. Deux autres produits du finlandais trônent pourtant sur les présentoirs, mais Marina est désolée : «On n'arrive pas à les avoir.» Plus handicapant encore, la boutique n'abrite pas un seul Nokia avec appareil photo intégré, un must pourtant depuis que la vague du mobile multimédia a déferlé à Noël.
Alors, coulé Nokia ? La question se pose après les résultats divulgués par l'opérateur voici une dizaine de jours. La claque est sévère pour la star du mobile. Au premier trimestre 2004, il a vu ses ventes baisser de 2 % et son bénéfice, de 16 %. Ces douze derniers mois, la part de marché de Nokia en Europe occidentale, région où le groupe finlandais réalise 60 % de ses ventes, est passée de 53 % à 41 %, pointe Mikko Paloranta, analyste à Carnegie Finlande. Une situation d'autant plus inquiétante que ses principaux concurrents affichent des résultats en hausse.
Nokia, pourtant, a été longtemps érigé comme le modèle à suivre. «Ils ont été les premiers à comprendre l'importance du design, de la forme, du toucher, quand tout le monde se concentrait sur la technologie, reconnaît un concurrent. C'est pourquoi ils ont été si forts dans les précédentes générations d'appareils. Mais ils n'ont pas vu venir la nouvelle vague autour de la photo, du MMS (messages vidéo, ndl




