Abandonner progressivement la province désargentée pour tenter de relancer Paris et son vaisseau amiral. C'est le pari risqué du groupe Galeries Lafayette, qui court après une rentabilité en berne dans ses grands magasins (baisse de 37 % du bénéfice d'exploitation l'an dernier). Et qui vient de confirmer la «restructuration» de cinq Nouvelles Galeries (sur vingt-deux) à Saint-Etienne, Thionville, Montargis, Epernay et Châteauroux, avec 280 emplois dans la balance (Libération d'hier). Pour l'instant, il n'est pas question de fermetures, juste de trouver un repreneur. En prime, le magasin de Beauvais (75 salariés) sera réorganisé.
Un coup dur dans ces villes moyennes : les chalands font leurs emplettes aux Nouvelles Galeries de génération en génération. Mais depuis longtemps les meilleures clientes jugeaient les rayons faiblards et les prix trop élevés. «Ces magasins sont déficitaires depuis plusieurs années. Nous discutons actuellement avec des partenaires pour les sauver, comme nous l'avons fait avec le magasin de Boulogne-sur-Mer, repris avec succès par différents partenaires qui nous paient maintenant un loyer», se félicite la direction. Le groupe Casino, partenaire à 50-50 des Galeries Lafayette dans Monoprix, a décliné l'invitation. Et les syndicats n'ont pas l'air convaincus par les assurances de la direction : ils comptent manifester vendredi devant le vaisseau amiral, boulevard Haussmann, à Paris. «A l'origine, nous voulions protester contre l'absence totale de revalor




