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Libération

A la centrale de Chinon, Sarkozy électrise les agents EDF

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Le ministre de l'Economie a fait la publicité du changement de statut de l'entreprise.

Publié le 30/04/2004 à 0h24

Chinon (Indre-et-Loire), envoyé spécial.

La bronca a presque fait trembler les murs du gymnase de la centrale nucléaire de Chinon. La salle est pleine à craquer. Plus de mille agents d'EDF accueillent Nicolas Sarkozy avec banderoles, pancartes, sifflets et lazzis. Le ministre des Finances, venu à leur rencontre en sachant que «ce [serait] dur», monte à la tribune. Les cinq premières minutes de son discours sont quasi inaudibles. Sarkozy essaie de «vendre» le changement de statut de l'entreprise à une salle qui n'en veut pas. Il tente une explication sur la contrainte européenne. «Croyez-vous qu'on eût changé une décision de l'Europe ?» interroge-t-il. Un puissant «oui !» lui répond. Petit à petit, le ministre remonte la pente : «Il ne sera pas dit que j'ai peur de parler avec les agents d'EDF.» Il force la voix. On peut sentir l'effort physique.

Lorsqu'il parle nucléaire, le bruit de fond se calme : «J'assume la décision de lancer l'EPR (le réacteur nucléaire de troisième génération, ndlr). C'est la garantie de l'indépendance énergétique de notre pays. Le site sera choisi fin mai.» Ici, rien ne peut faire plus plaisir aux salariés. Et quand il affirme : «J'ai demandé à votre direction de négocier sur les salaires, les classifications», ou quand il annonce qu'il réfléchit à l'extension du statut EDF aux salariés de la sous-traitance, les applaudissements arrivent enfin. Surpris, le ministre a un blanc. «Un trou, je vieillis.» Il peut aborder le sujet des retraites : «Je prends

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