Madrid, Washington, de nos correspondants.
Pour la première fois de son histoire, le FMI va être dirigé par un ministre, un vrai «politique» et fier de l'être. Le ministre des Finances espagnol sortant, Rodrigo Rato, a été nommé mardi soir par le conseil d'administration du Fonds monétaire international au poste de directeur général. Après une petite guérilla considérée comme «grotesque» par les Européens, qui monopolisent ce poste depuis les origines du FMI, son rival, l'Egyptien Mohamed el-Erian, s'est résigné à retirer sa candidature : un vote informel (straw vote ou «vote de paille», dans le jargon effemiesque) l'a convaincu que Rato avait la majorité des voix.
Rodrigo Rato succède à l'Allemand Horst Kohler, qui rentre chez lui faire campagne pour le poste de président de la République. Le nouveau directeur général du FMI a donné sa première conférence de presse, hier à Madrid. Passant de l'espagnol à l'anglais sans aucune difficulté, il a lancé une mise en garde sur le risque de voir la flambée des prix du pétrole casser la reprise de la croissance mondiale (lire page 19) et s'est permis d'épingler les Etats-Unis pour leur déficit public.
«Grand oral». Jeudi dernier, Rodrigo Rato avait été reçu à déjeuner par les administrateurs du FMI. Un «grand oral» de pure forme au cours duquel l'ancien ministre a répondu avec décontraction. Il a approuvé l'idée de travailler sur un mécanisme de précaution (pour éviter les crises financières), s'est montré disposé à étendre le rôle de




