«C'est une question de survie si l'on veut que les vins français restent l'étalon-or du marché mondial. Or nous sommes confrontés à une crise de confiance à l'exportation. Jusque-là, notre système était opaque et les contrôles sur la qualité ou le respect des normes étaient limités. Il y a eu aussi quelques scandales de fraudes retentissants : on ne peut plus l'accepter, car nous rentrons dans une situation de concurrence face aux vins du Nouveau Monde alors que, jusque-là, c'était des guéguerres internes, Rhône contre Bourgogne ou Bordeaux contre Loire... Et, en plus, le marché est en train de dire "putain, vous produisez trop, je peux pas tout boire". Pour regagner la confiance du consommateur à l'export, il faut plus de transparence et de contrôles. Ce qui va supposer que les 467 appellations puissent réécrire leurs décrets d'application : pratiques culturales, oenologiques, rendements, étiquetage... Cette remise à plat n'a jamais été faite depuis la création des AOC en 1935. L'Inao, qui valide la rédaction des décrets, veut ouvrir la porte à la réflexion, au lieu du dogme. Si les vignerons désirent une certaine souplesse, ce sera possible, à condition de l'écrire. Le marché est prêt à accueillir des vins français plus technologiques je pense à certaines techniques de filtrage ou à l'ajout de levures exogènes pour modifier le goût pour peu qu'ils soient irréprochables. Je ne dis pas qu'il faut ouvrir toutes les vannes : si quelqu'un veut faire du vin bleu, non. Nous v
Interview
Pourquoi réformer de fond en comble les AOC?
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Publié le 08/05/2004 à 0h32
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