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Libération

EDF-GDF : Sarkozy s'essaie au consensus

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Sa réforme du statut des entreprises, présentée ce matin, multiplie les concessions à la CGT.

Publié le 19/05/2004 à 0h41

Comment faire passer une grosse réforme dans le chas d'une aiguille ? C'est ce que tentera ce matin Nicolas Sarkozy en Conseil des ministres, lors de la présentation du projet de loi modifiant le statut d'EDF et GDF. Il a multiplié les concessions à la CGT (majoritaire chez les gaziers et électriciens), au risque de faire passer l'ouverture du capital de France Télécom par Lionel Jospin en 1998 comme un monument de libéralisme. Non seulement le statut des personnels (hormis les retraites) ne sera pas modifié, mais Sarkozy envisage de l'étendre à la sous-traitance, en particulier dans le nucléaire. Le financement du comité d'entreprise CCAS, exceptionnel en France (1 % du chiffre d'affaires), est même conforté par l'exposé des motifs de la nouvelle loi.

Le capital des deux entreprises sera verrouillé, puisque le gouvernement s'est engagé à accepter des amendements parlementaires fixant à «60%-66 %» la participation de l'Etat. Le reste serait, selon les voeux de Nicolas Sarkozy, souscrit par les salariés, le public et même les collectivités locales, histoire de bien montrer que le «capital financier» n'est pas le bienvenu chez EDF et GDF. Les directions des deux entreprises, qui rêvent d'échanger du capital avec de grands acteurs de l'énergie, comme les pétroliers, devront attendre des jours meilleurs.

Histoire de bien montrer à la CGT que tout reste ouvert pour le ministre, les deux directions sont instamment priées d'examiner «toutes les collaborations possibles» entre elles.

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