Washington, de notre correspondant.
Les laboratoires pharmaceutiques américains, qui vendent des médicaments jusqu'à sept fois plus cher qu'en Europe ou au Canada, supportent mal le maintien d'un contrôle des prix dans ces pays. Au nom de la loyauté de concurrence, ils ont donc lancé de grandes manoeuvres pour tenter de torpiller ces politiques publiques. Selon nos informations, ils ont convaincu l'administration Bush de mettre la question sur la table du groupe des huit pays les plus industrialisés (G8), dont les chefs d'Etat et de gouvernement se retrouvent le mois prochain à Sea Island, en Géorgie.
Pique-assiette. Les Américains proposent aux autres pays du G8 de créer un «groupe de travail sur le financement de l'innovation dans le domaine des sciences de la vie». Codée, l'expression renvoie à l'argument principal du lobby américain Phrma (Pharmaceutical Research and Manufacturing Association), selon lequel les industries des pays dont les prix sont contrôlés ne peuvent pas réellement investir dans la recherche. Elles profitent donc des efforts des laboratoires américains : ce sont des free riders, des pique-assiette. Au finale, le coût de la recherche est supporté par les consommateurs américains. Les laboratoires américains souffrent par ailleurs directement des bas prix pratiqués au Canada, où vont s'approvisionner de plus en plus d'Américains. Pour Phrma, la concurrence est d'autant plus faussée que les systèmes de sécurité sociale des pays «profiteurs» font des diffic




