Pékin, de notre correspondant.
L'appétit énergétique de la Chine est insatiable. Ces derniers mois, la demande chinoise en énergie et en matières premières s'est littéralement emballée, provoquant des flambées de prix pour des produits aussi divers que le pétrole, le zinc, le cuivre ou l'acier. Hervé Machenaud, le président Asie-Pacifique d'EDF, soulignait hier que les besoins prévisibles de la Chine en électricité lui imposent de construire l'équivalent de six fois la capacité de production française d'ici à 2020, soit 600 GW... «La totalité de l'industrie de production d'équipement électrique mondiale sera installée en Chine», a-t-il souligné. Pour avoir sous-estimé la croissance de la demande, le pays enregistre depuis l'an dernier une sérieuse pénurie d'électricité dans plusieurs régions.
Frein. La Chine est aussi devenue le deuxième consommateur mondial de pétrole, représentant à elle seule 40 % de l'accroissement de la demande entre 2000 et 2004. Avec 81 % de voitures en plus l'an dernier, les besoins vont croissant. Idem pour le zinc (+ 174 % d'augmentation de la consommation en huit ans), le cuivre (la Chine est devenue le premier consommateur mondial en 2002) ou le nickel (+ 31 % en 2003), dont les cours dépendent largement des achats chinois.
Après s'être inquiétés des hausses suscitées en partie par la demande chinoise, les opérateurs du secteur de l'énergie et des matières premières s'interrogent aujourd'hui sur les conséquences d'un coup de frein brutal à Pékin. Le




