L'un est freeter depuis quatorze ans, l'autre souhaiterait ne pas le rester à vie. Trois jeunes Japonais racontent leur rapport au travail.
Masahiro Miyazama, 32 ans,
Masahiro, c'est le freeter professionnel. Celui qui vit de petits boulots par plaisir et par procuration, «parce que c'est pratique». Mais pas seulement. Au Japon, Masahiro symbolise la vague de jeunes qui se sont passionnés pour la musique durant les années 90. Au point de vouloir en faire. Ces dernières années ont ouvert dans l'Archipel des dizaines de disquaires (HMV, Tower Records...). Le pays accueille depuis 1996 l'un des plus grands festivals rock, le Fuji Rock Festival (100 000 visiteurs ), qui emploi chaque année des milliers de freeters. «Je suis freeter depuis quatorze ans, explique Masahiro Miyazawa. Evidemment, le salaire n'est pas toujours terrible. Je gagne en moyenne 100 000 à 150 000 yens (770 à 1 150 euros, ndlr). Certains mois, je gagne mieux ma vie.»
Originaire de Niigata, sur la côte ouest du Japon, Masahiro est «monté» à Tokyo faire carrière dans la musique. Dans la capitale, il vit dans un petit appartement en concubinage avec sa petite amie, elle aussi freeter. Son groupe, Typhoon 24, a sorti deux albums au Japon. «Le problème, dit-il, c'est que dans la musique, au Japon, on ne gagne pas forcément bien sa vie. Pour compenser, je cumule les petits boulots.» Masahiro épaule l'ingénierie d'un studio d'enregistrement. Surtout, depuis cinq mois, il réalise une trentaine d'heures hebdomadaires ch




