«Je fais un métier de merde», avait lâché, il y a quelques jours en pleine réunion de travail et de négociation avec la Commission européenne, le patron d'Alstom. Hier, lors de la présentation des résultats financiers du groupe, Patrick Kron avait la mine bronzée mais le verbe toujours aussi agacé. Pourtant, tout le monde avait mis du sien pour permettre à ce X-Mines d'annoncer de vraies bonnes nouvelles. La veille, Nicolas Sarkozy s'était mis d'accord avec Mario Monti, le commissaire à la Concurrence (Libération d'hier), sur un accord de principe prévoyant de troquer une entrée de l'Etat français au capital du groupe (celle ci devrait évoluer dans une fourchette comprise entre 18,5 % et 31,5 %) contre des cessions «ciblées» d'environ 1,5 milliard d'euros de chiffre d'affaires et surtout contre l'assurance qu'Alstom signera d'ici à quatre ans des partenariats industriels avec ses concurrents. Puis ce sont les banquiers créanciers qui ont apporté leur contribution via une augmentation de capital qui reste encore à finaliser (lire ci-contre).
Malgré cela, Patrick Kron est apparu sur la défensive. Et surtout agacé. Certes, le 1,8 milliard d'euros de pertes du groupe n'est pas franchement réjouissant. Ni les 1 500 suppressions d'emploi supplémentaires aux 7 000 déjà décidés. Rien qui laisse entrevoir un rétablissement rapide de l'entreprise.
Doucher. En fait, si Kron était chiffonné, c'était à cause des questions à répétition de la salle (surtout des journalistes allemands) sur ce




