Nantes de notre correspondant
Les enquêtrices de l'Insee ont mis leurs modems en grève. Depuis le 10 mai, début de l'enquête sur les ressources et conditions de vie des Français prévue sur deux mois, seuls 15 % des 16 000 questionnaires ont été transmis à l'Institut national de la statistique, qui aurait dû engranger la moitié des données. Vacataires en CDD, les 800 «agents publics rémunérés à l'acte», chargés des enquêtes auprès des ménages, sont surtout des femmes, salariées précaires de l'Etat, et très peu syndiquées. Certaines assument un mi-temps pour l'Insee depuis plus de vingt ans. Contractuelles régulières à la pige, reconnues pour leur sens de l'écoute et leur souci de confidentialité, elles contestent la rémunération de 22,30 euros par questionnaire, inférieure de 30 % à celle d'une étude équivalente en 2001, un peu moins complexe. Pour chaque entretien au coin de la toile cirée de la cuisine, il leur faut deux heures et demie environ. «On a beaucoup d'astreintes qui ne sont pas rémunérées, on travaille le soir, le week-end, sans parler du temps passé sur la route : hier, j'ai fait 250 km pour trois questionnaires», raconte une enquêtrice en secteur rural.
L'Insee reconnaît la charge de travail, mais renâcle à accorder des crédits suffisants. L'enquête, expliquent les vacataires, exige déclarations d'impôts, fiches de paie, voire relevés des placements financiers et échéanciers de prêts. Etablir la confiance alourdit le temps passé auprès de chacun. «Plus de 200 que




