Johannesburg, de notre correspondante.
Comme son nom ne l'indique pas, l'agence Excellent Domestics était loin d'avoir les mêmes qualités d'excellence dans le choix de ses recrues. Cette société de recrutement d'employés de maison, fermée par le ministère du Travail en mars pour «exercice illégal», recrutait des jeunes filles en milieu rural, en leur faisant miroiter un travail très bien rémunéré dans la ville du Cap en Afrique du Sud. «On a retrouvé 21 filles entassées dans un garage avec un seul matelas pour dormir et interdiction de sortir sans permission de l'agence», explique Anthea Van der Burg, d'une association luttant contre le travail des enfants. Les jeunes filles retrouvées dans ce garage avaient toutes plus de 16 ans. Et il existerait d'autres agences de ce genre au Cap, qui opèrent dans les banlieues de classe moyenne blanches, indiennes ou métisses. La majorité des filles ainsi exploitées sont elles-mêmes métisses. «Il existe un vrai trafic d'enfants plus jeunes entre les zones rurales et urbaines», déplore Van der Burg.
Une «tradition» d'exploitation des enfants qui date d'il y a trois siècles, au temps de l'esclavage selon un rapport de l'ONG Terre des Hommes paru en 2002. Jusque dans les années 80, des enfants étaient encore achetés aux familles vivant en milieu rural. L'exploitation d'enfants à des fins domestiques est également importante dans les campagnes pauvres, où l'enfant doit travailler sans salaire. Certains parents, qui n'ont pas les moyens d'éleve




