C'est par un show tout à fait inédit de sa part que le très secret Gérard Mulliez (73 ans), grand patron d'Auchan et l'une des premières fortunes de France, a salué, hier matin, au ministère des Finances l'accord intervenu entre industriels et distributeurs sur une baisse de prix de 2 % des grandes marques. A peine la réunion terminée, voila que l'austère Mulliez se lève comme un diable de sa boîte et traverse la salle dans son costume jaune en s'époumonant, bousculant les uns, écartant les autres pour se faufiler jusqu'à la place d'un Nicolas Sarkozy, rayonnant de pouvoir «soutenir la croissance» à lui tout seul : «Laissez-moi passer. Je veux être le premier à signer cet excellent accord», lance un Mulliez déchaîné, jusqu'à obtenir gain de cause.
Justesse. C'est dire que la satisfaction était de mise, hier, à Paris, sauf pour l'association UFC-Que Choisir qui a refusé de signer un texte jugé trop timide. Pourtant, selon Bercy, l'accord final n'a pu être arraché «que d'extrême justesse» dans la nuit de mercredi à jeudi : des industriels comme Danone ne voulaient rien signer, d'autres comme L'Oréal le souhaitaient. «Finalement, tout le monde s'est mis d'accord pour partager l'effort. Les fournisseurs baisseront leurs tarifs de 1 % et nous aussi, pour arriver à 2 % dès septembre prochain», se réjouit Jérôme Bédier, le patron de la Fédération du commerce et de la distribution (FCD). A entendre Daniel Bernard, le PDG de Carrefour, et Michel-Edouard Leclerc, patron des Centres,




